Broyage et ensachage
À la sortie des séchoirs massifs, le gâteau de presse était acheminé vers les broyeurs à grande vitesse. Il y était broyé en farine de hareng et introduit dans l’ensacheuse. Les employés de l’usine de réduction s’entendaient pour décrire ainsi cette partie du processus : « Ce n’était pas le meilleur des emplois. Ce n’était certainement pas un emploi de col blanc. C’était un travail sale, pourri et puant, un point c’est tout. » Ces hommes passaient leurs journées couverts de poussière dans la partie la plus chaude et la plus bruyante de l’usine.
Les broyeurs assourdissants pulvérisaient le gâteau de presse séché, le réduisant en une poudre fine qui était ensuite mise en sac. Toutes les trente secondes, 100 lb (plus de 45 kilogrammes) de farine passaient par l’ensacheuse et aboutissaient dans des sacs en papier isolé qu’une machine à coudre industrielle fermait ensuite. L’ensacheur devait travailler vite. « La trémie se remplissait sans arrêt de farine, » raconte l’ancien ensacheur, David Morisawa, « Il était impossible d’ensacher la farine aussi vite. »
Les ensacheurs et les couseurs travaillaient sans fin derrière les séchoirs, remplissant, cousant, déplaçant et empilant les sacs de farine de poisson lourds. Un ancien ouvrier se rappelle que c’était « très bruyant. Y’avait pas de bouche-oreilles dans ce temps-là et il faisait chaud. On travaillait dans des températures de 250 – 300 degrés. » Un autre raconte qu’à la fin d’un quart de 12 heures : « J’étais complètement couvert de poussière de farine de hareng. Il fallait prendre un bain et parfois même en prendre deux! » Un ancien ouvrier ajoute : « Si tu travaillais dans l’usine de réduction pendant de longues périodes, les huiles…la farine de poisson et le reste te rentraient dans la peau. »