La pêche….dans leurs mots
« Dans l’ancien temps, on
n’avait pas de baromètre, rien; on pressentait la température.
Un pêcheur avait les sens d’un pêcheur. Mais fallait
aimer le travail pour le faire. Après tout, c’est la seule
planche de cèdre entre vous et l’enfer. »
Unosuke Sakamoto dans Steveston Recollected.
« Il faut être entreprenant,
indépendant, innovateur, un travailleur acharné et robuste
d’esprit. »
Vince Fiamengo, Reubina extrait
de Westcoast Fisherman (August 1996).
« À mesure qu’avançait
la saison, nous remontions le fleuve à la suite du saumon. C’est
là que commençait le vrai travail alors que nous pêchions
dans les eaux
de marées fortes, peu profondes et infestées de roches,
de, barres
sableuses, de
branches et de troncs d’arbres submergés Pour atteindre
une position avantageuse et faire un seul trait,
il fallait toujours lutter contre la marée à l’aide
de rames de neuf pieds. J’entends encore ce Japonais m’encourager
en criant : « ‘Viens t’en, garçon blanc, t’es
fort, tire fort, tire encore plus, t’es un gars très fort.’
J’avais treize ans et c’était ma première année
de travail comme véritable pêcheur. »
Walter Wicks dans Memories of the Skeena.
« B.C. Packers, ils veulent pas
me perdre. Je taquinais ces deux contremaîtres qui construisaient
la nouvelle conserverie à Oceanside. J’ai dit : ‘J’imagine
que vous n’avez plus besoin de grands
pêcheursY’a plein de places sur l’eau où
je peux vendre mon poisson maintenant.’ ‘Non, non, ils ont
répondu, nous allons vous construire votre propre chaîne
(de mise en conserve) dans la nouvelle conserverie.’ »
Maurice Nyce, pêcheur aux filets maillants dans Skeena:
A River Remembered.
« En ce temps-là, y’avait
cinq hommes à bord du bateau et nous pêchions partout…On
travaillait dur. Il fallait tirer à la main. Juste le câble
de serrage, c’est le seul que nous tirions à l’aide
du treuil..
Je travaillais aussi. Le maître à bord ne peut tout simplement
pas se planter là et regarder. Faut dire que c’est plaisant
quand on a un bon équipage. Tout marche bien. »
Herbert Ridley, senneur dans Skeena: A
River Remembered.
« J’savais vraiment pas dans
quoi je m’embarquais…J’avais imaginé une canne
à pêche à l’arrière du bateau pour une
couple d’heures par jour. La réalité c’était
20 heures par jour, 12 jours de suite. Je peux pas m’empêcher
de rire quand les gens se plaignent de travailler de 9 à 5. »
Kariann Kiehl, Deep Sea, Pacific Ray et
Ocean Roamer dans Saltwater Women
at Work.
« Y’a rien de facile avec
le flétan. Tout est difficile. ..Je n’ai jamais dit que je
n’irai plus jamais pêcher, mais j’ai souvent dit que
j’aimerais ne plus jamais pêcher le flétan. »
John Newton, Dovre B dans Working the
Tides
« Le mal de mer, c’est terrible...Quand
les gens me demandent si je me souviens du premier poisson que j’ai
pris, je réponds : ‘Non. Je me souviens que j’essayais
de ne pas vomir.’ »
Lynn Prestash, Relief et Flika
dans Saltwater Women at Work.
« La pêche, c’était
vraiment excitant dans ce temps-là parce qu’il y avait toi
et le poisson. C’était juste avant l’arrivée
du radar. On trouvait donc du poisson qu’on pouvait cacher au reste
de la flotte. Dans ce temps-là on pouvait faire quelque chose.
Maintenant Pêches et Océans nous rassemble dans un secteur
comme un troupeau de moutons et t’essaie de faire de ton mieux dans
les circonstances. Mais c’est comme ça que la pêche
a évolué. Avant c’était bien excitant. On allait
là où allait le bateau. »
John Brajcich extrait de The Westcoast
Fisherman (December 1990).
« J’pense que les plus grands
changements que j’ai vus dans l’industrie sont l’hydraulique,
le nylon et l’électronique. Ils ont beaucoup affecté
la pêche. On n’attrape plus la quantité de poissons
qu’on avait l’habitude de prendre parce que maintenant on
s’intéresse à la qualité. C’est incroyable
la quantité de poissons qu’on prenait avant et le peu de
gens qui travaillaient. Les petits revenus qu’on en tirait. Y’a
plus d’emplois maintenant avec de plus petites prises. »
John Brajcich, extrait de The Westcoast
Fisherman (December 1990).
« Dans ce métier, il faut
avoir beaucoup de patience. C’est là que je réussis
quand les gros bateaux ne peuvent pas. Il leur faut beaucoup produire
pour payer leurs dépenses. Je peux continuer à gratter et
réussir. Repasser quelques fois, prendre une autre dizaine de saumons
cohos et une couple de quinnats, c’est au moins quelque chose. »
Gubby Gudbransen, Seabird IV dans
Working the Tides.
« Si les problèmes financiers
vont t’empêcher de dormir la nuit et gâcher le plaisir
de faire la pêche, peut-être que t’es pas fait pour
être propriétaire de bateau de pêche. La pêche
c’est avant tout une entreprise. »
Kit Fowler, Debbie, Dora Mae II
et Sundance II dans Saltwater
Women at Work.