Les hommes des Premières nations travaillaient surtout comme pêcheurs et les femmes travaillaient surtout dans les conserveries. Parfois, les hommes travaillaient aussi sur la chaîne de mise en conserve et les femmes faisaient fonction de « rameuses », manoeuvrant le bateau à la rame pendant que le pêcheur s’occupait du filet. Les hommes et les femmes ramendaient les filets. Les enfants étaient nombreux à la conserverie, car des familles entières s’y présentaient pour travailler. Les enfants plus âgés se voyaient confier de simples tâches sur la chaîne de mise en conserve ou dans l’atelier de boîtes alors que les plus jeunes demeuraient toute la journée auprès de leurs mères. De nombreuses mères portaient leurs bébés sur le dos pendant qu’elles lavaient le poisson et remplissaient les boîtes de conserve.
La pêche et le travail à la conserverie commençaient en juin et prenaient fin en septembre. En fin de saison, les équipes des Premières nations faisaient leurs bagages et quittaient Steveston, rentrant chez eux ou trouvant du travail comme ouvriers agricoles sur des fermes.
Cyril Pierre, pêcheur de la Première nation Katzie, croit
que : « Nous venons de l’île Barnston
sur le fleuve Fraser. Aussi loin que les membres de notre famille puissent
se rappeler, nous avons travaillé dans l’industrie... Quand nous étions
petits, plus jeunes, notre mère travaillait aux conserveries et notre
père partait pour le nord. Nous vivions à un endroit appelé conserverie
St. Mungo, juste en aval de New Westminster. Et pendant quelques années,
je m’en souviens à peine, nous avons vécu à Steveston. Notre mère travaillait
là et parfois notre père travaillait dans l’atelier de filets. Notre mère
travaillait sur la chaîne de mise en conserve et s’occupait des filets.
Ils avaient beaucoup, beaucoup d’expérience avec les filets. On les embauchait
partout tout le long du fleuve…Et c’était principalement un emploi d’été
pour notre famille. À la fin de la saison de pêche, vers l’automne, peut-être
même après l’été, on voyageait par bateau. Mes frères avaient des bateaux
à essence et venaient à la conserverie. On chargeait alors nos meubles,
tous nos vêtements sur ces bateaux et nos frères nous ramenaient chez
nous, ici dans l’île Barnston. »
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