Les conserveries recrutaient activement les pêcheurs japonais, leur construisant des baraques pour qu’ils puissent vivre à la conserverie pendant la saison de pêche. Les plupart de ces jeunes célibataires passaient l’hiver à Vancouver. Les patrons japonais les recrutaient en équipes de conserverie. Ils négociaient les contrats des pêcheurs avec les conserveries et s’occupaient des équipes pendant la saison de pêche. En retour d’un pourcentage des profits des pêcheurs, les patrons leur fournissaient de la nourriture, des vêtements au besoin et servaient de personnes ressources auprès des employeurs. Il fallait jusqu’à soixante bateaux de pêche pour approvisionner une seule conserverie de Steveston en saumon pour la saison.
Les pêcheurs japonais étaient confrontés à un sentiment anti-asiatique en Colombie-Britannique. La population européenne craignait que les Japonais et les autres groupes d’immigrants asiatiques ne leur volent leurs emplois. On a vite restreint l’immigration japonaise. En 1908, seuls 400 hommes japonais par année pouvaient immigrer. Ces restrictions ne touchaient pas les femmes et les enfants. Les hommes mariés n’ont pas tardé à faire venir leurs familles du Japon. De nombreux célibataires japonais ont vite commencé à rechercher des épouses par correspondance par l’entremise de mariages arrangés.
À mesure que les femmes et les enfants japonais arrivaient en
Colombie-Britannique, les conserveries de Steveston ont commencé
à construire des maisons pour leurs pêcheurs japonais. Elles
leur offraient un logement abordable en échange de leur loyauté
et du travail de leurs épouses aux conserveries. Les Japonaises
lavaient le poisson et remplissaient les boîtes de saumon. Leurs
enfants pouvaient fréquenter l’école japonaise et
toute personne malade ou blessée pouvait se faire soigner à
l’hôpital japonais. Steveston se transformait en une petite
collectivité stable de familles de pêcheurs japonais.
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